Le centre historique de Salvador, Pelourinho est un quartier inscrit sur la liste du Patrimoine mondial depuis 1985 et dont le nom vient du terme Pelourinho qui signifie poteau et fait reference au pilori auquel etaient attaches les esclaves recalcitrants, avant de recevoir un chatiment. C’est dans ce quartier vraiment romantique que nous logeons. Avec ses rues pavees et tres pentues, il est aussi tres sportif! Les facades colorees, provenant de la colonisation portugaise, lui donnent un eclat tout particulier. Oui, comme vous l’aurez compris, le Bresil fut autrefois une colonie portugaise. Le premier pas des portugais sur le sol bresilien se fit en avril 1500. En 1501, un navigateur italien baptisa la baie: Baia de Todos os Santos (la baie de tous les saints). Etant donne l’interet commercial que cette baie suscitait aupres des europeens, la couronne portugaise missionna en 1549 Tome de Sousa: il devait fonder la ville de Salvador, la premiere capitale du Bresil. Il fut d’ailleurs le premier gouverneur general du Bresil.
Les salvadoriens ont la peau plus foncee que les cariocas dans la grande majorite et ceci aussi s’explique par l’histoire. La cote bahianaise a en effet accueilli la plus grande partie des africains deportes comme esclaves au Bresil. Ainsi, Salvador est la plus africaine des villes bresiliennes. Nous goutons donc en ce moment a une culture metissee, appelee la culture afro-bresilienne, entre percussions, epices odorantes, nonchalence, sensualite et joie de vivre. Des le premier soir de notre arrivee, nous dansions du samba-reggae sur une piste endiablee ou nous etions les seuls blancs a nous dehancher ;-)
Ici, il fait tres chaud, environ 30 degres, car c’est l’ete dans l’hemisphere sud puisque c’est l’hiver dans l’hemisphere nord.
Nous avons trouve un hotel tres bon marche compare aux autres car le Bresil est un des pays les plus couteux que nous traversons. Les reals ont tendance a ne pas s’eterniser dans notre porte monnaie (a noter: 1 euro = 2,5 R$)! ;-) Nous sommes contents car, grace a Guillaume, un fin negociateur, le gerant de l’hotel nous a donne un dortoir pour nous tous seuls! C’est vetuste mais on a de l’espace et on a connu pire! Il est vrai qu’apres l’appartement douillet de Regina, ca change...
Bien que nous ressentions parfois que nous ne sommes plus en totale securite comme nous l’etions en Asie, nous devons faire une grosse generalite comme nous les detestons pourtant: les bresiliens sont des gens extremement sympathiques! L’autre jour, nous etions un peu perdus et une jeune femme nous a accompagne en bus jusqu’a la station que nous recherchions, alors que ce n’etait pas son chemin et en plus elle a insiste pour nous offrir le trajet!!! En partant, elle nous a fait le signe que font tous les bresiliens et qui peut signifier tellement de choses: bonjour, au revoir, merci, de rien, pas de probleme: elle a lever son pouce! Vous savez le signe que l’on utilise en France pour faire du stop...
Avec ses 2,4 millions d’habitants, Salvador de Bahia est pleine de vie! Ainsi, nous assistons souvent a des demonstrations de Capoeira (art martial developpe par les esclaves de Bahia) dans les rues, au rythme des persussions! Nous avons tellement “accroche” que, comme vous pouvez le voir dans les videos, nous sommes alles un soir voir un show: un vrai regal! Nous avons voulu tente l’experience d’un petit cours d’une heure et ce fut une grande revelation: “j’ai enfin trouve le sport artistique que je veux faire” a dit Kindie en sortant toute trempee de sueur!
Salvador est une ville ou la fete est omnipresente! Cela explique le surnom de Bahia de Todos os Santos e de Quase Todos os Pecados (baie de Tous les Saints et de Tous les Diables)!!! Pendant notre sejour, nous sommes alles visiter une ONG grace au contact de Regina: CIPO (dont le site, en portugais, est ajoute dans la partie “liens” du blog). Pour cela nous avons pris le bus et petite parenthese pour Maud, les chauffeurs conduisent aussi vite qu’a Rio!!! Ils se prennent tous pour Airton Sena! Ca reste impressionnant! On ne s’y habitue pas!!! Petite parenthese pour les eleves, la conduite est a droite et le chauffeur est assis a gauche, comme en France. Pour en revenir a ces jeunes des favelas qui se passionnent pour les nouvelles technologies et pour la creation de photographies, videos,...; nous avons ete admiratifs face a leurs travaux, notamment un ensemble de documents pedagogiques pour les ecoles publiques comprenant des albums pour enfants, un livre du maitre, un dvd, des affiches et cartes postales avec citations au dos et aussi une video sur la ville de Salvador. Ces jeunes de 14 a 24 ans ont deja un pied dans le monde du travail. Les projets qu’ils menent sont realises pour des entreprises.
Nous avons egalement le plaisir de decouvrir la nourriture bresilenne. Presque chaque matin, nous prenons l’ascenseur de la ville haute, l’elevator Lacerda, pour rejoindre la ville basse en 20 secondes. Nous faisons alors le marche ou nous decouvrons encore de nouveaux fruits (cf. photos). Parfois nous nous attardons a un cafe pour savourer un de ces delicieux jus de fruit a la goyave ou a la mangue ou au fruit de la passion ou a l’ananas ou... mais jamais pour savourer un cafezinho; café noir serre que nous preferons acheter aux vendeurs des rues qui se promenent avec leur charriote remplie de thermos contenant ce fameux café bresilien “fort comme le diable, chaud comme l’enfer et sucre comme l’amour” (citation volee dans notre guide). Guillaume est tombe sous le charme des coxinhas (cf. photo) au poulet ou au fromage et en mange accompagne d’un brin de piment. L’acaraje que nous avons deja goute a Rio est en fait une specialite de Salvador. Il s’agit de boulettes bahianaises de haricots bruns et de crevettes sechees frites dans de l’huile de dende. Une nouveaute interessante, c’est de consommer la nourriture au kilo au restaurant: on prend son assiette que l’on remplit a sa faim des differents plats du buffet et on pese. C’est aussi simple que cela! Dans les desserts de rue exceptionnels, nous attribuons la Palme d’Or au couscous de tapioca servi avec des copeaux de noix de coco et recouvert de lait concentre.
Toujours a la ville basse, dans le sous sol du Mercado Modelo, devenu aujourd’hui un marche touristique, nous avons ressenti la souffrance enfouie dans les murs de ce lieu lugubre et etouffant d’humidite ou etaient entasses les esclaves en provenance d’Afrique, avant d’etre vendus aux encheres. En remontant, nous arrivons sur la place municipale. Nous y avons visite le Palacio Rio Branco qui abritait le cabinet de travail de Tome de Sousa. Mais le musee qu’il ne faut surtout pas manquer quand vous viendrez visiter Salvador, c’est le musee afro-bresilien qui est tres instructif. Il apprend sur le trafic des esclaves africains, sur la colonisation dans le monde et comment la culture africaine a marque le Nordeste du Bresil et la ville de Salvador (cf. photos). Nous y avons egalement vu les divinites de la religion candomble, une religion afro-bresilienne, nee a Bahia. A l’epoque, les esclaves avaient l’interdiction officielle de pratiquer leur religion. Ils creerent donc le candomble, qui assimilait les dieux africains aux saints catholiques. Chaque jour, nous visitons egalement une eglise. Il parait qu’il y en a tellement qu’on pourrait en visiter une par jour pendant un an. Nous avons pu observer l’architecture baroque de l’Igreja (eglise) de São Francisco, vraiment spectaculaire mais desoles de ne pouvoir le partager avec vous, les photos etaient interdites. Pour le coup, les eleves auraient compris le sens du mot baroque! Les cultures du sucre, du tabac, l’elevage de bovins et les ressources en or et en diamants de Salvador en firent une ville tres riche, ce qui explique l’architecture baroque.
Enfin Salvador est un pur bonheur car il n’y a pas que la fete qui soit omnipresente, il y a aussi l’Art! Dans toute les rues de Pelourinho, des tableaux sont exposes par de talentueux artistes, des musiciens font leur show, et des chefs-d’oeuvre vivants vous proposent de faire une photo: des femmes vetues de la tenue traditionnelle de la region.
On comprend donc pourquoi nombreux sont les voyageurs a ne plus la quitter: cette Salvador da Bahia...
Pourtant tout a l’heure, nous la quitterons bien apres y avoir passe une semaine au lieu des 3 jours prevus...
Nous ne savons pas encore ou nous allons mais il nous reste quelques heures pour en decider...
Commentaires sur cet article Cyp & Caro Et voilà comment on peut voyager, en restant assis devant l'écran, on sent presque les odeurs, on entend la foule, on devine l'agitation, on salive même ! on dirige notre imagination au travers de vos descriptions...
MERCIIIIIIIIIIIIIII
Maud Huuuummmm... prochaine destination brésilienne !!!! On s'y retrouve quand ??